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Bataille de l'Atlantique (1939-1945)


Guetteurs sur un navire d'escorte (octobre 1941).

Le terme bataille de l'Atlantique regroupe l'ensemble des combats qui ont eu lieu dans l'Atlantique Nord, pendant la Seconde Guerre mondiale. L'origine de l'appellation est attribuée à Winston Churchill. C'est la plus longue bataille de l'Histoire, commençant le 3 septembre 1939 pour finir quelques jours après le 8 mai 1945.


Winston Churchill

Date                                                   Lieu                                          Issue

Septembre 1939 à mai 1945     océan Atlantique Nord et Sud,   échec allemande

                                                    océan Artique                blocus du Royaume-Uni   

                             Belligérants

Royaume-Uni                       Reich allemand

Canada                                 Royaume d'Italie

États-Unis 

                     Commandants alliés  

Ernest Joseph King             

 Rodger Winn            Kenneth Knowles

              Commandants ennemis


                                 Forces en présence

Royal Navy                                                   Kriegsmarine Marine royale canadienne                                                    Regia Marina

United States Navy                         

Nombreux destroyers,                                 U-Boote

sloops, frégates et corvettes.                        40 000 hommes

                                                   Pertes

23 millions de tonnes de navires coulés        La quasi totalité de la flotte de surface

dont 3 000 britanniques                                allemande et 780 U-Boote coulés

2 000 alliés et 1 000 neutres

45 000 marins morts ou disparus                 30 000 morts ou disparus

dont 30 000 britanniques

Cette appellation est parfois étendue aux combats ayant eu lieu dans l'océan Arctique, l'Atlantique Sud, voire la mer Méditerranée ou encore l'océan Indien. Une partie des campagnes de Méditerranée en constitue un prolongement.

La bataille de l'Atlantique a constitué un enjeu stratégique déterminant de la Seconde Guerre mondiale. Pour l'Allemagne, l'objectif était d'établir un blocus du Royaume-Uni afin de paralyser l'économie britannique qui ne pouvait compter que sur des approvisionnements par voie maritime et, par conséquent, d'obtenir la défaite de leur dernier adversaire en Europe de l'Ouest.

Après l'engagement américain dans le conflit, l'enjeu devint plus important encore puisqu'il s'agissait d'empêcher l'acheminement en Europe du corps expéditionnaire américain, en plus des approvisionnements.

Cette bataille a principalement opposé les U-Boote allemands aux escorteurs et avions alliés. Elle a aussi vu des combats entre navires de surface, et a été l'occasion d'innovations techniques importantes.

Le traité de Versailles signé en 1919 entérine la défaite de l'Allemagne au cours de la Première Guerre mondiale. Elle ne peut plus posséder qu'une force défensive : il lui est interdit d'avoir une aviation, des sous-marins et des porte-avions. La marine est limitée à 108 000 tonnes, et aucun navire ne doit jauger plus de 10 000 tonnes.


Adolf Hitler

Après l'arrivée au pouvoir d’Hitler, un accord naval bilatéral entre le Royaume-Uni et l'Allemagne est conclu en 1935. Il stipule que l'Allemagne peut construire 35 % du tonnage de surface et 45 % du tonnage sous-marin de la Royal Navy.

Après la guerre sous-marine sans restrictions menée par l'Allemagne au cours de la Première Guerre mondiale, les états ont cherché à encadrer, voire éliminer, l'arme sous-marine. Sans succès, et le traité de Londres demandera qu'ils suivent les mêmes règles que celles imposées aux corsaires de surface. À savoir, attaquer en surface, mettre en lieu sûr l'équipage, avant de couler le navire intercepté ceci ne s'appliquant pas aux navires refusant d'obéir ou ripostant par les armes. Ces règles n'interdisaient pas d'armer les navires marchands mais les transformant ipso facto, en auxiliaires de la marine de guerre et leur déniant la protection prévue à l'article 22.


Carte de l'océan Atlantique. La majeure partie des combats se sont tenus dans l'Atlantique nord.

Un convoi voulant traverser l'Atlantique doit parcourir 3 043 mille marins s'il part de New York pour Liverpool; 2 485 s'il part de Halifax et 4 530 s'il vient de Panama. Cette distance se traduit par une durée de 14 à 19 jours de mer.

La partie nord de l'Atlantique, par le biais de l'oscillation nord-atlantique, présente des conditions météo qui peuvent être difficiles. En particulier en hiver, des passages de dépressions génèrent des tempêtes qui peuvent suivre les cargos naviguant vers l'est tout au long de leur trajet, ou se succéder pour les navires allant d'Europe en Amérique. Ainsi, la corvette britannique HMS Pink fera état de vagues de 40 pieds (12,192 m) à 50 pieds (15,24 m), le 16 décembre 1942.


Corvette britannique HMS Pink

Du côté alliés

Après la chute de la France, le Royaume-Uni, pour continuer son combat contre l'Allemagne nazie, ne peut plus compter que sur un ravitaillement venant d'outre-mer, principalement des composantes de son Empire colonial ou du continent américain. En 1939, le Royaume-Uni est le plus gros importateur du monde. La majorité des importations concernent l'alimentation, humaine ou animale, la laine et le coton; le pétrole et ses dérivés compte pour autant que les importations alimentaires. Les importations de nourriture vont baisser de 22 millions de tonnes à 15 puis 11 millions de tonnes, avec une quasi-disparition des aliments pour animaux. L'effort de guerre britannique est constamment tributaire des importations régulières de pétrole, matières premières et de la moitié de sa nourriture (en calories). Cela dépend de la capacité de transport disponible. Un cargo moyen, comme ceux que seront les Liberty-Ships, transportent 10 000 tonnes de fret. Cela veut dire qu'un seul de ces cargos peut transporter l'équivalent de 300 tanks, 3 millions de fusils ou un kilogramme de viande pour 10 millions de personne, ce qui correspond à fournir une agglomération du type de Londres pendant une semaine.


Liberty ship

À côté de l'approvisionnement de la population britannique, il faut renforcer le potentiel militaire britannique. Pour donner un exemple, larguer un million de tonnes de bombes sur l'Allemagne représente le chargement de 100 Liberty-Ships, avec cent autres pour fournir le carburant aux bombardiers. Quand les préparatifs de l'invasion se feront, les besoins augmenteront. Le transport d'une division d'infanterie US correspond à 32 000 tonnes de fret à apporter. Il faut noter qu'en 1944, la moitié du tonnage importé concernera les munitions.

Troisième élément à prendre en compte, les besoins de l'URSS. Elle sera ravitaillée, en partie, par des convois passant par l'Arctique. Pour une bonne part, les fournitures transitent par les îles Britanniques; pour le reste, les cargos des convois quittent ceux-ci pour gagner directement l'Islande. En novembre 1941, ce sont 500 000 tonnes de nourriture qui lui sont envoyées.

Du côté de l'Axe

Pour réduire sa valeur militaire, il faut ralentir suffisamment le flot d'approvisionnement dirigé vers l'Angleterre. Pour cela, le meilleur moyen est de couler plus de capacité de transport que l'adversaire ne sera capable d'en construire.

Les forces de l'Axe attaqueront donc indistinctement tous les navires marchands, qu'ils quittent l'Angleterre ou qu'ils cherchent à l'atteindre. Cela suppose de disposer de suffisamment de forces à la mer. Comme les délais de fabrication de navires de surface sont très longs, comparés à ceux de fabrication de sous-marins, il faut fabriquer, et armer, le plus possible de ces derniers. Sachant qu'à tout moment, on ne peut compter que sur un tiers, environ, du total pour mener les actions de guerre, les deux autres tiers étant soit en transit, soit en entretien à leur base.

En 1939, Dönitz, dans un livre qu'il fait paraître, estime qu'il faudrait que l'Allemagne dispose de 300 sous-marins pour être en mesure d'atteindre son objectif. Sur ce nombre, 90 seraient en embuscade, par groupes de trois, pour intercepter les convois sur les trois principales routes identifiées, atlantique nord, atlantique central et le long des côtes africaines vers Gibraltar. Mais la planification allemande concernant la marine (plan Z) ne prévoit que 249 sous-marins de tous types, c'est-à-dire uniquement 152 correspondants à la vision de Dönitz. À l'ouverture des hostilités, il disposera en tout et pour tout de 57 U-boote; à savoir 18 dans l'Atlantique, 21 en mer du Nord, 10 dans la Baltique et 8 autres non opérationnels.

Forces de l’axe

Navires de surface allemands

Au début du conflit, l'Allemagne va lancer dans l'Atlantique des raiders, comme l'Admiral Scheer ou le Graf Spee. Mais ils ne sont pas assez nombreux pour s'opposer à la Royal Navy, ce qu'illustrera la destruction du Bismarck.

Dans un second temps, elle va lancer des corsaires marchands, comme croiseurs auxiliaires. Parmi les onze qui seront utilisés, l’Atlantis, l’Orion ou le Thor. Ceux-ci couleront 800 000 tonnes de cargos alliés, assez peu en regard des 23 000 000 tonnes que les U-boote enverront par le fond.
U-boote

Les U-boote d'alors ne sont pas des sous-marins au sens où on l'entend à notre époque. Il faut plus les comparer à des « torpilleurs submersibles ». C'est-à-dire qu'ils ne sont pas conçus pour rester continuellement en immersion. La plupart du temps, souvent la nuit, ils naviguent en surface aux moteurs diesel, rechargeant leurs batteries qui alimentent les moteurs électriques pour la navigation en plongée. Ils plongent pour attaquer à la torpille ou pour échapper à une contre-attaque. En immersion, leur vitesse est de l'ordre de quatre nœuds, pour quelques heures seulement, contre dix-sept nœuds, environ, en surface. C'est-à-dire qu'en surface leur vitesse est équivalente à celle de la majorité des escorteurs, qu'ils pourront rencontrer.

Seuls des sous-marins océaniques seront impliqués, les sous-marins côtiers n'ayant pas un rayon d'action suffisant. Les principaux types seront les VII et les IX.


 

U-boote de type VIIC et IX, en mai 1945, devant leur base Dora de Trondheim.

U-boote type VIIc

D'un déplacement de 760 tonnes en surface, il peut atteindre la vitesse de 17 nœuds. En plongée, il ne se déplace plus qu'à 4 nœuds (8 au maximum) mais pendant quelques heures seulement. Son rayon d'action est de 8 500 nautiques, mais 80 en plongée. Son équipage est de 44 hommes, sa profondeur d'immersion maximale est de 120 mètres (mais plus en pratique).

Il est équipé de 5 tubes lance-torpilles (4 dans l'étrave et 1 à l'arrière) et emporte 9 torpilles de réserve. Il dispose aussi d'un canon de 88 mm sur le pont et de 2 canons AA de 20 mm. La prise de plongée est de 20 secondes environ.

U-boote type IXD2

D'un déplacement de 1 616 tonnes en surface, il peut atteindre la vitesse de 19 nœuds. En plongée, il ne se déplace plus qu'à 4 nœuds (7 au maximum) mais pendant quelques heures seulement. Son rayon d'action est de 31 500 nautiques, mais 80 en plongée. Son équipage est de 57 hommes, sa profondeur maximale d'immersion est de 120 mètres. (Mais plus en pratique).

Il est équipé de 6 tubes lance-torpilles (4 dans l'étrave et 2 à l'arrière) et emporte 16 torpilles de réserve (dont certaines sous le pont). Il dispose aussi d'un canon de 105 mm sur le pont et de 1 canon AA de 37 mm et 2 de 20 mm.

Il plonge moins vite que le type VII.

D'autres modèles seront utilisés, comme les types XIV. Surnommés  vaches à lait, ils sont utilisés pour ravitailler les sous-marins de combat. À la fin de la guerre, des modèles beaucoup plus performants en plongée seront mis en service mais trop tard pour influencer le sort de la bataille (types XXI et XXIII).

Les avions

La Kriegsmarine ne dispose pas d'unités aériennes qui dépendent uniquement de la Luftwaffe. Pour ses besoins propres, comme la reconnaissance ou la protection de ses sous-marins, elle dépend du bon vouloir de cette dernière. Et, pour les unités mises à sa disposition, il n'y a pas de spécialisation pour le domaine maritime (instruments ou formation des équipages).


Du fait de leur rayon d'action inadapté aux distances océaniques, les avions allemands interviendront peu dans la bataille. Principalement pour des bombardements dans des zones côtières ou pour disputer le contrôle du Golfe de Gascogne, point de transit obligatoire des U-boote, aux avions alliés traquant les U-boote. On trouvera des bombardiers (tel des He-111 ou des Do-17 comme ceux basés à Cognac) ou des avions d'attaque (comme des Me-110 ou des Ju-88).


Un seul type d'appareil sera vraiment impliqué dans l'attaque des convois au large, le Fw200 Condor. Ce quadrimoteur, dérivé d'un avion de ligne est le seul à avoir une autonomie suffisante (16 heures au maximum, mais 8 heures en général, pour une distance franchissable de 4 400 km) pour remplir le rôle de reconnaissance et de découverte des convois. Équipés en bombardiers, ils emportent 4 bombes de 250 kg sous les ailes. Ils sont principalement basés à Bordeaux (Mérignac) d'où partent leurs vols, le retour se faisant soit à Mérignac, soit en Norvège, à Trondheim. Mais d'autres modèles, comme le Junkers Ju 290, feront aussi leur apparition, dans les derniers mois de 1943, au-dessus des étendues océaniques.

Renseignement

La Kriegsmarine dispose d'un service qui est chargé de l'écoute et du décryptage des communications ennemies. Il s'agit du Funkbeobachtungsdienst, aussi connu sous sa dénomination abrégée, le B-Dienst.

Pour l'interception des émissions radios, il se fonde sur les éléments fournis par ses stations d'écoute installées en Allemagne (un réseau vers la mer du Nord, un autre pour la Baltique) et, ensuite, dans les pays occupés. Ainsi, en France, on trouvera des stations à Boulogne, Dieppe, Fécamp, Étretat, Brest, Angers, Bayeux, Erquy et Bordeaux; Montpellier et Toulon sur la Méditerranée (mais on en trouve aussi à Madrid et à Séville !).

Le rôle de ces stations est d'intercepter les transmissions mais surtout de déterminer la position de l'émetteur par triangulation. Il ne faut pas minimiser ce rôle; pour donner un exemple, en octobre 1940, le torpillage du Royal Oak à Scapa-Flow amène la Home Fleet à gagner temporairement un autre mouillage. Celui-ci est rapidement identifié par simple radio-goniométrie des messages alors échangés par les navires anglais.

L'autre mission du B-Dienst est le décryptage des messages interceptés. Au début du conflit, pour prendre un exemple, les Britanniques mettent en service un nouveau chiffre (Naval cipher). En moins de six mois, le B-Dienst est capable de lire entre 30 et 50 % des messages interceptés parce qu'il avait déjà cassé le chiffre précédent, héritier direct des codes utilisés à Trafalgar.


Royal Oak

Tout au long du conflit, les Allemands seront capables de lire une partie substantielle des messages de la Royal Navy. Toujours pour donner un exemple, quand les Britanniques introduiront en juin 1941 le Mercheant Ship Code, les Allemands auront déjà réussi à s'en procurer un exemplaire. Au début de 1943, quand le B-Dienst sera au pic de son efficacité, il sera même capable de décrypter le bulletin journalier de situation des U-boote (U-Boat Situation Report) dressé par l'Amirauté britannique. C'est-à-dire que le BdU (Befehlshaber der U-Boote, commandement des U-Boote) aura connaissance de ce que savent les Alliés au sujet de son propre ordre de bataille. En revanche, ils seront incapables de percer les chiffres utilisés par les Américains.

Le B-Dienst est cependant la seule structure capable de fournir des informations au BdU. Il n'y aura jamais du côté allemand des structures d'analyse comme celles que l'on pourra trouver du côté allié (OIC, par exemple).

Conduite des opérations

Durant le conflit, les opérations des U-boote sont conduites par le BdU (Befehlshaber der U-Boote). À sa tête se trouve l'amiral Dönitz.

C'est ce Bureau qui décide de l'emploi, de la formation, des équipements des sous-marins. Il bénéficie des renseignements obtenus par le B-Dienst, chargé pour sa part du renseignement. C'est une cellule avec des effectifs très réduits.

La conduite des opérations est très centralisée. En particulier, les U-boote doivent envoyer de fréquents rapports par radio et cette obligation facilitera leur repérage par les Alliés. Par exemple, en février 1943, les U-boote attaquent le convoi SC 118. En sept jours, 262 de leurs messages seront interceptés. En retour, le BdU envoie aussi de grandes quantités de messages. Pour donner un autre exemple, il est fréquent qu'un U-boot parte en croisière avec comme seul ordre d'atteindre un point donné dans l'Atlantique. Là, il envoie un message; en retour, il reçoit un message lui indiquant où il doit aller ou patrouiller.

Base sous-marines

L'occupation du territoire français offre aux allemands un libre accès à l'Océan Atlantique. Des bases de sous-marins sont rapidement établies à Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice et Bordeaux. Dès le 7 juillet 1940, un U-boot, l'U-30, arrive à Lorient pour se réapprovisionner. D'énormes bases bétonnées seront construites pour protéger les U-Boote des bombardements alliés. Elles résisteront jusqu'à la fin du conflit, offrant protection aux submersibles et à leurs équipages, en dépit des efforts alliés qui n'aboutiront qu'à raser les zones urbaines environnantes.

Ces constructions représenteront le quart des travaux exécutés par l'Organisation Todt. Lorient pourra ainsi accueillir 28 U-boote, Brest, 15, Saint-Nazaire, 14, La Pallice, 10 et Bordeaux, 11. Après le débarquement en Normandie, les flottilles gagneront la Norvège. En septembre 1944, l'U-55 est le dernier U-boot à appareiller de Lorient.


Bases aériennes

L'occupation de la France permettra à la Luftwaffe, seule chargée de la lutte aérienne au-dessus de l'océan pour satisfaire la volonté d’Hermann Göring de commander l'ensemble des aéronefs du Reich, d'utiliser un certain nombre de bases aériennes.

Les unités chargées de la lutte maritime seront basées à Mérignac, Cognac, Lorient, Brest. Mais aussi en Norvège, Trondheim et Stavanger.


Paul Conrath et Hermann Göring en 1942

Le rôle de l'Italie

Dès le début du conflit, l'Italie va fournir des sous-marins pour participer à la bataille. Cette participation avait été prévue dès le mois de juin 1939 par un accord entre les amiraux Erich Raeder et Domenico Cavagnari. Les 27 sous-marins du 11e Groupe sont basés à Bordeaux et sont désignés par l'acronyme BETASOM. Leur zone d'opérations est située au sud du 42° parallèle. Elle sera par la suite étendue.


Domenico Cavagnari à droite avec  Mussolini

À l'entrée en guerre des États-Unis, cinq sous-marins italiens seront envoyés le long de leurs côtes. Ils s'y montreront aussi efficaces que les U-boote. En 1943, 7 des sous-marins italiens de la BETASOM seront préparés pour gagner l'Extrême-Orient. La capitulation italienne mettra un terme aux opérations de la BETASOM; les Japonais et les Allemands mettant la main sur 5 de ces sous-marins.

Les sous-marins italiens ont été conçus pour la Méditerranée dont les conditions météo sont très différentes de celles de l'Atlantique nord. Leurs tactiques sont celles héritées des combats dans l'Adriatique durant la Première Guerre mondiale. Leurs résultats seront plus mitigés que ceux des U-boote, coulant 109 cargos (593 864 tonnes), au prix de la perte de 16 sous-marins.

Forces alliées

Navires marchands au début du conflit

Les cargos de l'époque sont très divers, mais ils diffèrent profondément des cargos actuels. Si les plus anciens fonctionnent toujours au charbon, une partie des plus récents fonctionne au fioul lourd. Les vitesses sont très diverses et imposeront de définir des convois rapides (vitesse de 10 nœuds environ), et des convois lents, à 5-7 nœuds.

Dès avant les hostilités, la US Maritime Commission avait défini les caractéristiques de cargos standards qui donneront les cargos de type C1, C2 et type C3, ainsi que des pétroliers T2.


Militarisation des cargos

Dès le début du conflit, les Britanniques choisirent d'armer les cargos pour leur propre défense. Ils sont désignés par le sigle DEMS (Defensively Equiped Merchant Ship). Les pièces d'artillerie étaient de vieux modèles tirés des arsenaux, d'un calibre variant entre 75 mm et 15 cm selon la taille du cargo. Elles étaient mises en service par des artilleurs, retraités rappelés ou engagés volontaires (14 000, rattachés au Royal Artillery et des marins de la Royal Navy (24 000 en tout). 150 000 marins civils suivront une formation pour assister, voire suppléé, les artilleurs. Des mitrailleuses et canons anti-aériens seront aussi montés sur les cargos.

Fin 1940, 3 400 cargos avaient été équipés, la totalité en 1943. Les canadiens armeront, pour leur part, 713 cargos.

Les Liberty-ships et Victory-ships sont conçus, dès l'origine, pour porter des canons.


Navires spécialisés

Pour assurer la défense aérienne des convois, certains cargos seront équipés d'une catapulte pouvant lancé un chasseur de type Hurricane pour attaquer principalement les Fw200 Condor dénommé CAM ship. Il n'est pas prévu de récupérer l'avion. Le pilote doit sauter en parachute et être récupéré par le cargo.


Un Hawker Sea Hurricane sur la catapulte d'un CAM ship.

Autres navires spécialisés que l'on va trouver dans les convois : les navires de sauvetage. Au début, il est prévu que le dernier cargo de chaque file joue le rôle de ramasseur de naufragés. L'utilisation de navires dédiés permettait de garder la cohésion du convoi et d'éviter d'immobiliser des navires de l'escorte.

Le navire de sauvetage est placé à l'arrière du convoi et peut transporter 100-200 naufragés, leur offrir gîte et couvert jusqu'à l'arrivée. Ce navire est aussi équipé du Huff-Duff, contribuant ainsi au repérage des assaillants. Plusieurs d'entre eux seront torpillés.


Huff-Duff est un système de radiogoniométrie

Liberty-ships

Sous cette appellation, se trouvent des cargos construits en série pendant le conflit pour compenser les pertes. La construction est modulaire, ce qui fait qu'il n'y a pas un modèle unique. Le modèle de base est un cargo capable de transporter 10 000 tonnes à la vitesse de 10-11 nœuds, avec un équipage de 45 marins.

Le liberty-ship est armé de 2 canons et d'une DCA de 6 pièces de 20 mm. Il embarque 36 canonniers pour les mettre en œuvre.

2 751 de ces cargos seront construits entre 1941 et 1945, le temps moyen de construction est d'une quarantaine de jours.

Victory-ships.

Autre série de cargos construits en série, plus grands, plus rapides que les Liberty-Ships. Les premiers sont livrés au début de 1944. Ils ont généralement le mot Victory dans leur nom. Les navires construits par les Canadiens et les Britanniques portaient les noms Fort ou Park.

De leur côté, les anglais construiront les cargos de type Empire, pour le MoWT et qui seront loués à des armateurs privés. Chez les Canadiens, ce seront les séries de cargos de type Park et Fort.

Escorteurs Destroyers


Ce sont les premiers bâtiments disponibles pour assurer les tâches d'escorte; le rôle pour lequel ils ont été conçus est la protection des grosses unités d'une escadre, cuirassés et porte-avions. Ils se révéleront inadaptés à l'escorte des convois. Avec un armement disproportionné par rapport aux besoins, ils sont surtout handicapés par un rayon d'action très insuffisant. Ceci les empêche de tirer avantage de leur vitesse et les rend tributaires de ravitaillement à la mer, ce que les conditions météorologiques de l'Atlantique nord rendent difficile sinon impossible. Leur présence impose donc que le convoi dispose d'un ou plusieurs pétroliers ravitailleurs.

Corvettes


NCSM Ville de Québec (K242)

Dès l'approche du conflit, le nombre insuffisant d'escorteurs avait été mis en évidence par l'Amirauté britannique. En conséquence, la construction de navires dédiés fut décidée. Parmi les modèles existants, le plus proche de celui envisagé était un navire baleinier; ce qui donnera naissance aux corvettes de classe Flower. D'un déplacement de 940 tonnes, capables d'atteindre 16 nœuds et d'un rayon d'action de 3 450 nautiques à 12 nœuds, elles embarquaient un équipage de 47 hommes (porté ultérieurement à 85). D'une habitabilité rustique, sujette à un roulis important, leur armement se composait d'un canon de 102 mm, ainsi que d'un canon de marine de 2 livres QF de calibre 40 mm surnommé pom-pom et 2 canons de 20 mm anti-aériens. Contre les sous-marins; 4 grenadeurs, ultérieurement portés à six, avec 40 charges. Cent vingt et une corvettes de cette classe seront construites au Canada et 145 en Grande-Bretagne. Huit des corvettes construites au Royaume-Uni seront armées par les FNFL. Une nouvelle classe de corvettes, la classe château sera ultérieurement réalisé, gommant certains défauts de la classe précédente.

Frégates


Comme les corvettes, les frégates sont des nouveaux types de navires spécialement conçus pour ces tâches d'escorte de convoi. L'appellation frégate avait disparu avec la marine à voile pour laisser la place à destroyer. Elle réapparaît avec ces nouveaux navires à vocation ASM.

En Grande-Bretagne, la classe principale de frégates sera celle des Rivière 151 exemplaires construits. De cette classe dérivera celle des Loch, 28 exemplaires construits).

Destroyers d'escorte


L'US Navy reste fidèle au destroyer, mais avec des unités mieux adaptés à l'escorte des convois. Les destroyers d'escorte (marque de coque : DE) sont d'un déplacement plus modeste, moins rapides et moins armés qu'un destroyer (marque de coque : DD). En revanche, ils disposent d'un rayon d'action et de moyens de lutte anti-sous marine plus importants.

Sloops


Dérivés de types de navires polyvalents construits pour le service outre-mer, qui seront adaptés à leur rôle d'escorteurs. Les principales classes seront les Black swan (13 lancés) et Black Swann modifiés (29 construits entre 1942 et 1945, dont 5 qui ne seront pas achevés). Leurs caractéristiques sont proches de celles des destroyers d'escorte et des frégates.

Cutters


Appellation d'un type de navires mis en œuvre par les USCG, les 7 cutters de la classe Treasury, sont aussi comparables, en taille et en armement, aux destroyers d'escorte et aux frégates.



22/06/2013
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